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Me Bestine Kazadi Ditabala œuvre pour la paix durable en RDC

26 Sep

Madame Bestine Kazadi Ditabala partage l’essentiel de son temps entre le barreau de Kinshasa et son engagement à conscientiser la population du Congo à la culture de la paix. Elle veut aussi impulser un éveil collectif à l’émergence d’un leadership féminin. Rencontre…

Ecrivain et poète, Mme Kazadi est auteur de l’hymne international de la femme pour la paix. Elle veut contribuer à bâtir une société où la femme en tant que citoyenne joue un rôle primordial dans la gestion de la République. Sa pensée des femmes est celle d’une femme plurielle et engagée. Elle croît en Dieu, en l’amour et à la famille.

Depuis l’âge de 13 ans, Me Kazadi sait qu’elle sera un jour avocate car elle ne supporte pas l’injustice et désire ardemment la combattre. L’amour de la formation continue et la découverte d’autres cultures, ajoutés à la discipline, à la loyauté, à la fidélité et à l’intégrité ont fait qu’elle réussisse ses études. Présidente de la Société Civile Féminine Congolaise (SOCIFEC), elle veut promouvoir l’idée que les décideurs doivent prendre en compte la dynamique femme dans les organes de décisions et de pouvoir. «Si les femmes leaders émergent, elles pourront véhiculer leurs idées, leurs visions et leur type de gestion afin d’humaniser la société congolaise et proposer des pistes de solutions durables, de bonne gouvernance, de justice et de paix » pense-t-elle.

Elle rappelle qu’au plus fort des guerres et d’autres conflits armés survenus en RDC, la femme a été la première victime. C’est sont les hommes qui détiennent la puissance publique. Par conséquent, c’est sont eux qui décident de la guerre. De même que des options économiques et budgétaires affectent des revenus à des priorités différentes de celles des femmes qui pensent, elles, à l’éducation, à la justice et au travail. De ce fait, elle déplore l’absence des femmes à la table des négociations pour la paix alors qu’elles possèdent l’art du compromis et du rassemblement. En tant avocate, défenseur des droits de l’être humain, elle réclame une justice d’indemnité pour toutes les femmes victimes. Cela afin de préparer la réconciliation, le pardon et à nouveau, le vouloir vivre ensemble dans la paix.

Me Kazadi déclare qu’à travers ses nombreux voyages à l’est du pays, elle a rencontré beaucoup de femmes victimes de viols ne réclamant que la paix, rien que la paix. C’est ainsi que son plaidoyer est celui de la promotion d’une participation active et effective de la femme dans le processus de construction de la culture de la paix par les femmes qui devront convaincre les hommes qu’il n’y aura jamais de développement sans la paix au Congo. Elle rencontre bien de difficultés dans cette lutte. Mais elle ne cesse de croire en sa force intérieure. « Décider, travailler et croire suffisent pour obtenir ce que l’on veut ». De même qu’il faut de la patience, du courage et de la persévérance pour réussir. Elle ne se laisse point décourager par les embûches qu’elle rencontre sur son chemin. Elle demeure plutôt préoccupée de partager et de convaincre les autres à ses idées, ses idéaux et convictions. Elle y met tout son cœur.

Son engagement s’est exprimé à travers la composition d’un chant lyrique intitulé « Hymne international des femmes pour la paix», qu’elle a dédié comme cadeau de la RDC à l’humanité. Et ce, afin de prouver le courage et la détermination des femmes, qui malgré l’horreur de la guerre, veulent être ce phare dans l’obscurité de la souffrance, pour éclairer les cœurs par l’espoir, l’amour et le pardon. Les statistiques indiquent que 80% de l’alimentation produite au monde l’est grâce au travail des femmes. Elles représentent 50% de la population mondiale et sont à 40% génératrices de revenus. Pourtant, elles ne sont propriétaires que d’1% du patrimoine mondial.

En RDC, elles sont des piliers sur le plan économique alors qu’elles ne se positionnent pas aux postes de décisions. En dépit du fait que la RDC ait ratifié le protocole de la SADC sur le Genre et le Développement qui reconnait à la femme, dans ses articles 15 à 19, le droit de jouir de ses produits sur le plan économique, les femmes restent dans l’ombre des hommes. L’application des textes en RDC est l’un des grands défis à relever.

La RDC prévoit, dans sa Constitution à l’article 14, qu’il doit y avoir la parité. Elle se définit comme suit: «La pleine participation des femmes au développement de la nation. La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L’État garantit la mise en œuvre de la parité Homme-Femme dans lesdites institutions… »

La parité dans la Constitution de la RDC est un instrument juridique important et innovateur qui devrait permettre aux femmes de pouvoir se positionner dans la gestion de la République sans être victimes de toute forme de discrimination et d’assurer la protection et la promotion de leurs droits.

A propos de quotas pour les femmes, pour Me Kazadi, le débat ne doit pas porter sur cette question en termes de chiffres mais en termes de compétences et d’expertise. L’important, c’est l’existence de la législation. C’est aux femmes de prouver qu’elles sont méritantes et sont capables de prendre le pouvoir et de l’exercer. «Les femmes doivent s’approprier la parité. C’est un problème de prise de conscience, d’éveil individuel puis collectif. En RDC, une femme qui se lève à 4h du matin pour aller vendre de la farine de manioc pour nourrir sa famille participe aux besoins primaires de la population. Les femmes produisent un revenu important officieux non normalisé, ni reconnu».

Définissant le concept de leadership, Me Kazadi estime qu’elle est une capacité à mener une vision sur le chemin de l’avenir et la faire devenir réalité. « Le leadership est un moteur, un levier, un accélérateur. » Elle pense que c’est un processus, un cheminement comme la démocratisation et l’autonomisation. En 2006, il y avait 6% de femmes qui s’étaient présentées aux élections générales, en 2011, il y en a eu 12%. Pour elle, c’est une démonstration de la prise de conscience de la Congolaise qui veut désormais assumer plus de responsabilités. A ses yeux, ces avancées illustrent la nécessité de rencontrer les femmes de toutes les couches de la population pour échanger sur le leadership. «Tout part de l’esprit. C’est un bon moyen de détruire les stéréotypes qui font croire que les femmes se détestent mutuellement alors que les femmes n’ont aucune raison de se détester ». Fédérer les femmes de toutes couches, confessions religieuses et idéologies politiques autour d’un même idéal, la paix et les femmes pour un Congo meilleur; c’est le combat que mène la SOCIFEC qu’elle préside.

Son ambition majeure est celle de pouvoir inscrire dans l’Histoire du Congo, une femme leader à chaque échelon de l’organisation d’État et d’élire en 2016, une femme à la magistrature suprême. « Ellen Johnson Sirleaf au Libéria en est à son deuxième mandat en tant que présidente de la République et prix Nobel de la Paix, elle est notre modèle, notre voie à suivre». En RDC, les femmes sont toujours dans le wagon. Elles doivent devenir la locomotive qui conduira le Congo vers un avenir prospère et paisible.



Article écrit par Raïssa Muadi en 2012, journaliste en RDC et bénéficiaire de la formation Jeunes-Journalistes en RDC en 2009.

Lisez d’autres articles sur le site des Jeunes-Journalistes RDCongo !

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Face à la violence

28 Avr

« Nous faisons réfléchir les élèves avant de les sanctionner »

8 Mar

L’Athénée Royal Paul Delvaux Lauzelle n’est pas une école comme les autres. En effet, elle suit une pédagogie participative. C’est-à-dire qu’elle incite les élèves à devenir autonome selon trois axes : savoirs, savoir-faire et savoir-être. Dans le cadre des conseils hebdomadaires de la classe, des phénomènes de société sont traités. Par exemple, le 13 février 2008, le thème de la violence a été abordé. Pour savoir comment ce problème était traité, nous avons interrogé Roland Lambeau, le coordinateur pédagogique de cette école.

Constatez-vous des problèmes de violence dans votre établissement ?

Certains élèves font effectivement preuve de violences verbales. Je pense que ces personnes ne se rendent pas compte de la gravité de leurs paroles qui sont parfois blessantes.

Il y a surtout de plus en plus de violences qui ne sont pas facilement décelables. Par exemple, des élèves envoient des injures, des moqueries par SMS. On constate d’ailleurs une augmentation anormale de l’utilisation du GSM. Ces « agressions » là sont évidemment difficilement décelables. Mais ces moqueries continuelles peuvent pousser un élève à bout. En tous cas, c’était beaucoup plus simple avant.

Quelles sont les conséquences de ces actes sur le bon fonctionnement de l’école ?

Premièrement, l’équipe pédagogique doit prendre plus de temps pour régler ces problèmes. Deuxièmement, nous allons devoir rendre le règlement plus strict. Je pense notamment à l’interdiction de l’utilisation du GSM. Et, de ce fait, donner des sanctions plus rapidement.

Concrètement, qu’est-ce que l’équipe pédagogique va mettre en place pour éviter ce type de problème ?

Nous allons surtout essayer d’en parler avec les élèves pour qu’ils se rendent compte de la gravité de tous ces actes

Pensez-vous qu’il y a moins de violences dans votre école par rapport à d’autres ?

C’est difficile à dire mais je crois que oui car notre projet d’établissement est différent des autres écoles. Nous en parlons avec les élèves, nous les faisons réfléchir à leurs actes avant de les sanctionner, nous instaurons davantage de réflexion que dans d’autres structures scolaires.

Avez-vous constatez des changements d’attitude importants de la part des élèves cette année ?

En dehors de l’augmentation des GSM, il me semble que les élèves respectent de moins en moins les De plus, les élèves se posent de moins en moins de questions telles que « Pourquoi suis-je dans cette école ? « … Ils viennent donc à l’école parce qu’il le faut et non pour préparer leur avenir. Ce qui peut entraîner des difficultés pour eux.


Sources:

Interview de Roland Lambeau, coordinateur pédagogique de l’Athénée Royal Paul Delvaux interrogé le 20 février 2008.


Article réalisé en mars 2008 par Méloé Burnet et Morgane Vermeesch dans le cadre du projet Jeunes-journalistes.net

Louvain-la-Neuve, une ville dangereuse?

8 Mar

Une étude menée sur une dizaine de personnes nous montre que les  » rumeurs » présentant  Louvain-la-Neuve comme une ville pleine de délinquance et de violence ne sont plus d’actualité.

Petit sondage auprès des habitants

Nous avons demandé leur avis aux habitants de Louvain-La-Neuve à propos de leur sentiment de sécurité dans leur ville. Généralement, ils estiment que Louvain-la-Neuve est une ville sûre pendant la journée. Mais majorité des femmes interrogées estime cependant qu’il ne vaut pas s’y trouver seul le soir alors que cela ne dérange pas particulièrement les hommes.

Alors qu’aucune des personnes interrogées ne semble avoir été agressé ou même témoin d’une agression, il semble donc que la rumeur selon laquelle Louvain-la-Neuve est une ville dangereuse persiste.

Des violences passées

regard des archives de faits divers, cette rumeur reste plus ou moins fondée. En effet, dans les archives des faits divers, on constate que Louvain-la-Neuve a été le théâtre de nombreuses agressions, viols et même un meurtre. Mais cette « vague » de violence est heureusement en chute libre à en croire les riverains. Cependant, on est en droit de se demander si cette « vague » ne reprendra pas de plus belle dès le retour des beaux jours et que les étudiants retourneront faire la fête autour du lac dans le centre-ville.

Du monde pour protéger ?

La police fait de son mieux pour être présente dans Louvain-la-Neuve à tout moment autant pour rassurer les riverains que pour les protéger et pour faire un effet de dissuasion sur les « petites frappes ». On constate également que des infrastructures telles que le centre commercial L’Esplanade ou les complexes de cinéma UGC aident à maintenir un climat de sécurité car grâce à ses vigiles et à l’affluence des clients. Et dans ses parkings éclairés et surveillés, les gens se sentent plus en confiance.

La ville intervient également en essayant de promouvoir le logement familial, de manière à ce ne soit pas exclusivement une ville d’étudiants.

La sécurité des habitants et des passants est une chose très importante car elle joue énormément sur le fait de se sentir bien dans une ville. Et si nous pouvons en conclure que Louvain-la-Neuve est une ville tranquille, il vaut tout de même mieux être accompagné le soir…


Sources:

Enquête réalisée auprès des riverains de Louvain-la-Neuve (une quinzaines de personnes des tous âges et de tous sexes) en février 2008 par Baptiste Bedoret et Alfred Serghini.

Le journal Le Soir.

www.uclouvain.be


Article réalisé en mars 2008 par Baptiste Bedoret et Alfred Serghini dans le cadre du projet Jeunes-journalistes.net