Archive | Les Jeunes-Journalistes du Congo RSS feed for this section

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication : une voie de sortie pour la jeune femme congolaise

6 Fév

Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) s’avèrent être la clé de l’épanouissement de la jeune femme congolaise. De même qu’il semble l’être pour le développement intégral et efficace d’un continent en général, et d’un en particulier. Et pourquoi pas du monde ?

Hier, pour une correspondance très active, il était impératif de compter une semaine comme seconde, un mois comme minute, une année comme heure. Actuellement, en quelques tierces, nous il est possible d’exprimer mille idées. Aucun passage de baguette magique ne justifie ce changement. La révolution dans la technologie ne cesse de défier les contraintes du temps et de l’espace dans l’échange des informations.

A cet effet, nierait-on l’impact qu’elle a eut dans la révolution tunisienne ? Il n’a pas fallu que quelqu’un de puissant frappe son poing sur la table. De simples jeunes, dépourvus de fortunes colossales, ont renversé la tendance politique de leur pays. Non pas parce que les quelques témoins de l’immolation ont fait le porte à porte pour amener à la révolte. La mobilisation se serait faite d’abord su base d’un petit nombre de personnes. Sans l’utilisation des réseaux sociaux, l’effet ne se serait peut-être pas fait autant sentir. Par le biais de réseaux sociaux, via internet, ce travail d’un siècle par déplacement naturel, s’est fait à la vitesse de la lumière. Aujourd’hui, le peuple tunisien a tourné une page de son histoire. Les nouvelles technologies donnent le pouvoir de renverser les tendances du pouvoir.

Dans la sphère de décision, la jeune femme congolaise est confrontée à un problème. Elle se sent écartée de toute action ou parole relevant du pouvoir ou de l’autorité. Et ce, par la société, du fait de l’opinion de son environnement sur la femme.

Par les réseaux sociaux sur internet, une opportunité avantageuse s’offre à cette jeune femme. En s’ouvrant au monde, elle peut apprendre à s’apprécier, trouver le chemin de son épanouissement et s’y frayer un sentier. Cela lui permet de s’approprier de nouvelles connaissances. Elle pourra décider non seulement de sa vie mais aussi et surtout de celle de sa société environnante tout en faisant passer des messages forts. Cela lui permettra également d’amener son environnement à comprendre qu’elle est capable de posséder, de gérer et de diriger.

La jeune femme rurale est la plus concernée par cet enjeu. Bien au delà de la femme urbaine qui emboîte déjà le pas. Toute suite on peut s’arrêter et dire que la langue ferait défaut aux ruraux. Nous ne pouvons nier la diversité culturelle dans laquelle les TIC viennent s’implanter. Ce qui pousserait à dire que les jeunes femmes rurales rencontreraient plus de difficultés que les autres à utiliser les claviers sous format de langue étrangère (anglais).

Ne devons-nous pas nous souder les coudes si l’on veut un développement efficace ? Les jeunes femmes ayant déjà la connaissance technologique peuvent la communiquer à celles qui ne la possèdent pas encore. Surtout qu’elles peuvent s’exprimer en langues locales. Pourquoi ne pas s’entretenir de ces outils liés aux nouvelles technologies d’information et de communication, ces connaissances qui nous sont si chères?

Il y a toujours moyen de trouver une solution à quelque problème quel qu’en soit le prix. Les outils des TIC ont une répercussion économique. Ils peuvent êtres distribués à moindre frais jusqu’aux confins de la terre. Le faible poids économique de la jeune femme en général devrait-il continuer d’être un empêchement à son développement?

Par ailleurs, le petit nombre de femmes qui utilisent les réseaux sociaux et autres nouvelles technologies ne s’en servent pas toujours à des fins productives. Il est rare de trouver des jeunes femmes faisant passer des messages visant un changement positif de sa vie et de sa communauté. La plupart exposent leur vie privée à un point inimaginable. Elles semblent oublier que les TIC permettent une interaction au niveau mondial. Elles amènent les gens à bâtir un moyen authentique d’apprendre et suscitent leur aspiration la plus vraie. Les femmes peuvent de ce fait renforcer leur pouvoir et rendre non seulement leur vie  meilleure, mais aussi celle de leur communauté. Cette fin n’est possible que si cette jeune femme s’engage à utiliser cette nouvelle technologie pour ajouter sa pierre à l’édifice de son pays.

La jeunesse étant l’avenir d’un pays. Les jeunes femmes composant grandement la jeunesse congolaise sont censées être artisanes d’une société congolaise changée pour un développement efficace. Bien qu’enthousiasmées par tous ces avantages des nouvelles technologies, la plupart de jeunes femmes s’arrêtent devant les problèmes d’insuffisances de connaissances technologiques. Avant d’être crispées par l’incapacité de posséder un ordinateur et le manque d’une électricité permanente, elles commencent par brandir la difficulté d’accéder difficilement à l’internet. Ce qui laisse le peu d’ordinateurs disponibles, même dans les cybercafé, très peu utilisés car les jeunes femmes sont découragées par toutes ces embûches.

Serait-ce idéal que la jeune femme abandonne ses ambitions et ses besoins vecteurs d’espoir à causes de ces contraintes ? Abandonner, n’est-ce pas déjà échouer ? De nos jours, il ne serait pas très réaliste de prétendre changer sa société sans se servir des TIC. Il n’y aurait aucun mal que les jeunes femmes ayant plus de connaissances puissent partager ce savoir avec celles pour qui ce n’est pas encore le cas.

Dès que la jeune femme approuvera les exigences du présent, elle pourra y faire face afin de bâtir l’avenir. Le changement social prendra forme peu à peu. La  jeune fille sera épanouie et participera ainsi au développement de son pays. N’est-ce pas ce qu’il faut ajouter pour l’éclosion de la jeune femme congolaise ?


Sources :


Article écrit par Raïssa Muadi, journaliste en RDC  et bénéficiaire de la formation Jeunes-Journalistes en RDC en 2009.

Lisez d’autres articles sur le site des Jeunes-Journalistes RDCongo !

Les Jeunes-Journalistes du Congo !

26 Sep

Découvrez les articles écrits, en septembre 2012, par Raïssa Muadi. Il a suivi, en 2009, la formation Jeunes-Journalistes en République Démocratique du Congo. Il nous a contacté afin qu’on publie ces deux articles :

Me Bestine Kazadi Ditabala œuvre pour la paix durable en RDC

26 Sep

Madame Bestine Kazadi Ditabala partage l’essentiel de son temps entre le barreau de Kinshasa et son engagement à conscientiser la population du Congo à la culture de la paix. Elle veut aussi impulser un éveil collectif à l’émergence d’un leadership féminin. Rencontre…

Ecrivain et poète, Mme Kazadi est auteur de l’hymne international de la femme pour la paix. Elle veut contribuer à bâtir une société où la femme en tant que citoyenne joue un rôle primordial dans la gestion de la République. Sa pensée des femmes est celle d’une femme plurielle et engagée. Elle croît en Dieu, en l’amour et à la famille.

Depuis l’âge de 13 ans, Me Kazadi sait qu’elle sera un jour avocate car elle ne supporte pas l’injustice et désire ardemment la combattre. L’amour de la formation continue et la découverte d’autres cultures, ajoutés à la discipline, à la loyauté, à la fidélité et à l’intégrité ont fait qu’elle réussisse ses études. Présidente de la Société Civile Féminine Congolaise (SOCIFEC), elle veut promouvoir l’idée que les décideurs doivent prendre en compte la dynamique femme dans les organes de décisions et de pouvoir. «Si les femmes leaders émergent, elles pourront véhiculer leurs idées, leurs visions et leur type de gestion afin d’humaniser la société congolaise et proposer des pistes de solutions durables, de bonne gouvernance, de justice et de paix » pense-t-elle.

Elle rappelle qu’au plus fort des guerres et d’autres conflits armés survenus en RDC, la femme a été la première victime. C’est sont les hommes qui détiennent la puissance publique. Par conséquent, c’est sont eux qui décident de la guerre. De même que des options économiques et budgétaires affectent des revenus à des priorités différentes de celles des femmes qui pensent, elles, à l’éducation, à la justice et au travail. De ce fait, elle déplore l’absence des femmes à la table des négociations pour la paix alors qu’elles possèdent l’art du compromis et du rassemblement. En tant avocate, défenseur des droits de l’être humain, elle réclame une justice d’indemnité pour toutes les femmes victimes. Cela afin de préparer la réconciliation, le pardon et à nouveau, le vouloir vivre ensemble dans la paix.

Me Kazadi déclare qu’à travers ses nombreux voyages à l’est du pays, elle a rencontré beaucoup de femmes victimes de viols ne réclamant que la paix, rien que la paix. C’est ainsi que son plaidoyer est celui de la promotion d’une participation active et effective de la femme dans le processus de construction de la culture de la paix par les femmes qui devront convaincre les hommes qu’il n’y aura jamais de développement sans la paix au Congo. Elle rencontre bien de difficultés dans cette lutte. Mais elle ne cesse de croire en sa force intérieure. « Décider, travailler et croire suffisent pour obtenir ce que l’on veut ». De même qu’il faut de la patience, du courage et de la persévérance pour réussir. Elle ne se laisse point décourager par les embûches qu’elle rencontre sur son chemin. Elle demeure plutôt préoccupée de partager et de convaincre les autres à ses idées, ses idéaux et convictions. Elle y met tout son cœur.

Son engagement s’est exprimé à travers la composition d’un chant lyrique intitulé « Hymne international des femmes pour la paix», qu’elle a dédié comme cadeau de la RDC à l’humanité. Et ce, afin de prouver le courage et la détermination des femmes, qui malgré l’horreur de la guerre, veulent être ce phare dans l’obscurité de la souffrance, pour éclairer les cœurs par l’espoir, l’amour et le pardon. Les statistiques indiquent que 80% de l’alimentation produite au monde l’est grâce au travail des femmes. Elles représentent 50% de la population mondiale et sont à 40% génératrices de revenus. Pourtant, elles ne sont propriétaires que d’1% du patrimoine mondial.

En RDC, elles sont des piliers sur le plan économique alors qu’elles ne se positionnent pas aux postes de décisions. En dépit du fait que la RDC ait ratifié le protocole de la SADC sur le Genre et le Développement qui reconnait à la femme, dans ses articles 15 à 19, le droit de jouir de ses produits sur le plan économique, les femmes restent dans l’ombre des hommes. L’application des textes en RDC est l’un des grands défis à relever.

La RDC prévoit, dans sa Constitution à l’article 14, qu’il doit y avoir la parité. Elle se définit comme suit: «La pleine participation des femmes au développement de la nation. La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L’État garantit la mise en œuvre de la parité Homme-Femme dans lesdites institutions… »

La parité dans la Constitution de la RDC est un instrument juridique important et innovateur qui devrait permettre aux femmes de pouvoir se positionner dans la gestion de la République sans être victimes de toute forme de discrimination et d’assurer la protection et la promotion de leurs droits.

A propos de quotas pour les femmes, pour Me Kazadi, le débat ne doit pas porter sur cette question en termes de chiffres mais en termes de compétences et d’expertise. L’important, c’est l’existence de la législation. C’est aux femmes de prouver qu’elles sont méritantes et sont capables de prendre le pouvoir et de l’exercer. «Les femmes doivent s’approprier la parité. C’est un problème de prise de conscience, d’éveil individuel puis collectif. En RDC, une femme qui se lève à 4h du matin pour aller vendre de la farine de manioc pour nourrir sa famille participe aux besoins primaires de la population. Les femmes produisent un revenu important officieux non normalisé, ni reconnu».

Définissant le concept de leadership, Me Kazadi estime qu’elle est une capacité à mener une vision sur le chemin de l’avenir et la faire devenir réalité. « Le leadership est un moteur, un levier, un accélérateur. » Elle pense que c’est un processus, un cheminement comme la démocratisation et l’autonomisation. En 2006, il y avait 6% de femmes qui s’étaient présentées aux élections générales, en 2011, il y en a eu 12%. Pour elle, c’est une démonstration de la prise de conscience de la Congolaise qui veut désormais assumer plus de responsabilités. A ses yeux, ces avancées illustrent la nécessité de rencontrer les femmes de toutes les couches de la population pour échanger sur le leadership. «Tout part de l’esprit. C’est un bon moyen de détruire les stéréotypes qui font croire que les femmes se détestent mutuellement alors que les femmes n’ont aucune raison de se détester ». Fédérer les femmes de toutes couches, confessions religieuses et idéologies politiques autour d’un même idéal, la paix et les femmes pour un Congo meilleur; c’est le combat que mène la SOCIFEC qu’elle préside.

Son ambition majeure est celle de pouvoir inscrire dans l’Histoire du Congo, une femme leader à chaque échelon de l’organisation d’État et d’élire en 2016, une femme à la magistrature suprême. « Ellen Johnson Sirleaf au Libéria en est à son deuxième mandat en tant que présidente de la République et prix Nobel de la Paix, elle est notre modèle, notre voie à suivre». En RDC, les femmes sont toujours dans le wagon. Elles doivent devenir la locomotive qui conduira le Congo vers un avenir prospère et paisible.



Article écrit par Raïssa Muadi en 2012, journaliste en RDC et bénéficiaire de la formation Jeunes-Journalistes en RDC en 2009.

Lisez d’autres articles sur le site des Jeunes-Journalistes RDCongo !

Les changements climatiques en RDC : efforts vains sans volonté politique

26 Sep

Photo : Jean & Nathalie CC By 2.0

Comme tous les pays au monde, la République Démocratique du Congo (RDC) n’est pas épargnée par les changements climatiques. Et cela, bien qu’elle ait la chance d’avoir sur son sol une forêt considérée comme l’un des poumons du monde: la forêt tropicale dite vierge.

Il y a généralement deux saisons en RDC : la sèche, caractérisée par l’absence générale de pluie et de basses températures et celle pluvieuse, qui dure plus longtemps. Ce pays fait désormais face aux inversions de températures pendant la saison sèche. Contrairement à une décennie, il y fait beaucoup plus chaud. De multiples facteurs causent ces mutations climatiques dont le forcing thermique et la déforestation. La division de la climatologie de l’Agence Nationale de Météorologie et de Télédétection par Satellite (Mettelsat) pense elle que le déboisement est une des principales causes du changement climatique en RDC.
L’Administrateur Directeur Technique (ADT) Mavakala pense aussi que le charbonnier a sa part de responsabilité dans cette situation. Mais il estime qu’il est irréaliste de demander au charbonnier d’arrêter de couper les arbres car c’est son gagne-pain. Et comme il ne se trouvera personne pour le former à un autre métier ou pour lui trouver un autre emploi, il continuera à fabriquer du charbon, malgré les interdits et les conséquences sur l’environnement. Et ce n’est pas seulement par nécessité mais c’est aussi culturel.

Si les Congolais semblent ignorants du phénomène de changement climatique, ils savent seulement qu’il fait plus chaud. Justin Ray, un habitant de la commune de Bandalungwa dans la capitale Kinshasa, se plaint de l’atroce chaleur et dit ne plus pouvoir le supporter. A quelques mètres de chez lui, c’est la même rengaine. Saïdi, fonctionnaire, est improductive au travail car elle somnole du fait qu’elle dorme mal la nuit en raison de la canicule.
Le service de climatologie de la Mettelsat relève aussi des inondations ça et là dans le pays dus à la déforestation et à l’érosion subséquente. L’ADT de la Mettelsat essaie de mener campagne pour rappeler aux Congolais que les arbres sont importants car ils absorbent l’eau de pluie. «Il serait souhaitable que chaque individu verdisse le terrain qu’il occupe. Même les feuilles mortes retiennent l’eau,» rappelle-t-il.

Adèle Edundu, directrice financière au Fonds Forestier National, pense qu’il est possible de changer la mentalité congolaise. «S’il est vrai que l’on ne peut vivre sans bois, quand on coupe un arbre, il faut en planter un autre. C’est faisable et ce n’est pas là que réside le problème. Bien que notre mission soit de financer le reboisement et de prendre des actions menant à la reconstruction du capital forestier, nous n’avons pas suffisamment de fonds pour le faire. De ce fait, intégrer le citoyen congolais à notre action restera toujours théorique,» se lamente-t-elle.

La volonté politique fait aussi défaut dans cette lutte contre les effets du changement climatique. La Mettelsat collabore certes avec le ministère de l’Environnement. Mais les efforts pour vulgariser des informations importantes semblent sans portée. La population accuse aussi les dirigeants de mal gérer le secteur énergétique, grandement alimenté par l’eau. Les perturbations du cycle hydraulique entraînent des délestages qui empêchent les Congolais de vivre décemment. Et c’est sans compter une hygiène rendue pauvre en raison du manque d’eau.

De nombreux Congolais se plaignent d’allergies et les asthmatiques souffrent davantage en raison de l’instabilité et des variations de températures. Face à cette situation, la Mettelsat s’avoue impuissante. Elle tente d’influencer les décideurs sur les mesures à prendre pour arrêter tout cela, soit par la construction de grands caniveaux pour absorber les averses torrentielles et les inondations et se remettre à planter des arbres là où c’est possible de le faire pour lutter contre le déboisement. Tenter de remédier aux effets des changements climatiques en RDC devrait être l’affaire de tous les Congolais. Des efforts peuvent être fournis individuellement mais ils n’aboutiront à rien sans une volonté politique effective.


Sources :


Article écrit par Raïssa Muadi, journaliste en RDC et bénéficiaire de la formation Jeunes-Journalistes en RDC en 2009.

Lisez d’autres articles sur le site des Jeunes-Journalistes RDCongo !