Course à la présidentielle américaine : une guerre sans effusion de sang

21 Nov

Photo DonkeyHotey CC By 2.0

C’est le branle-bas de combat au sein des partis démocrates et républicains aux États-Unis, et plus particulièrement entre deux hommes dans un duel de charisme, d’envergure, d’idées et avec l’objectif de convaincre le peuple. Cette confrontation entre le démocrate Barack Obama et son adversaire républicain Mitt Romney pour la course à la présidence est surtout une bataille entre deux idéologies très opposées.

Alors que les sondages annonçaient une large victoire du candidat président actuel, Mitt Romney a touché les électeurs indécis car il a été très convaincant lors du premier débat du 3 octobre 2012 et n’a pas tardé à rattraper le président sortant pour une campagne qui s’annonce très serrée. C’est durant ces débats, mais aussi lors de leurs visites dans les différents États au cours de leurs campagnes respectives, que le challenger et l’homme aux slogans « YES WE CAN » en 2008 et « Forward » en 2012 présentent leur programme et ce qui nous intéresse plus particulièrement, leurs divergences politiques et économiques.

Tout d’abord, l’augmentation des impôts des plus riches et les investissements sociaux : voici quelques unes des ambitions de Barack Obama qui avait prononcé dans le programme démocrate son envie de favoriser l’augmentation d’une classe moyenne et de progresser dans un système démocratique où tout le monde nait avec une chance de s’en sortir. En effet, la politique fiscale du président sortant s’axe – et s’axera, s’il est choisi – sur l’augmentation de l’impôt des Américains aisés et des entreprises et gardera, du point de vue social, les services de santé ainsi que les retraites pour tout le peuple des États-Unis. Il est clair que ce « Robin des bois des temps modernes » semble beaucoup plus près de la population moyenne des États-Unis que Mitt Romney qui parait plus proche de la classe sociale privilégiée. En effet, Mitt Romney a été un homme d’affaires très puissant et dirigea une des plus grandes sociétés d’investissements (Bain & company) du pays. C’est d’ailleurs pour cela que le candidat républicain se rapproche plus de la classe privilégiée.

Or, Obama soutient que son adversaire veut promouvoir une baisse de l’impôt sur le revenu de 20% sur les classes moyennes mais aussi supprimer une partie des déductions fiscales des États, ce qui ne lui convient pas puisqu’il avance que si une baisse de l’impôt se faisait sentir, il y aurait automatiquement une forte augmentation de la fiscalité des classes moyennes, ce qui est bien entendu l’inverse de ce que prône le démocrate.

Ces attestations ont été rejetées par le républicain Mitt Romney qui déclare ne pas vouloir réduire les impôts. « Mon principe numéro un est qu’il n’y aura pas d’impôts qui creusent le déficit », « Je veux réduire le fardeau qui pèse sur les classes moyennes… », affirme-t-il. « Mais je veux arriver à alléger la classe moyenne sans réduire la charge payée des hauts revenus », continue-t-il. Romney crie donc haut et fort que la classe moyenne ne souffrira pas durant son quadriennat s’il est élu. Est-ce une vaine promesse ? Vu ses opinions politiques et celles de son parti, c’est-à-dire favoriser la classe privilégiée, les libres entreprises, la liberté du pays et la prospérité du pays, on pourrait affirmer que oui.

En conséquence, pouvons-nous déduire que les deux partis feront leur possible pour non seulement régler le déficit budgétaire, mais aussi subvenir aux besoins de la classe moyenne ? Ce qui est sûr, c’est que l’économie n’est pas le seul point important de cette campagne et bien que le budget soit au premier rang de toutes les attentions tant européenne et qu’américaine, la politique est un aspect à ne pas négliger.

En ce qui concerne les confrontations directes, le président américain sortant a été très offensif durant son dernier débat du 22 octobre 2012 et a présenté son adversaire républicain Mitt Romney comme incompétent et indécis en politique étrangère à quinze jours d’une élection présidentielle qui semble très ouverte. Cependant, ce dernier a su se défendre ; il a d’abord félicité le président en fonction pour avoir enfin vengé les États-Unis de Ben Laden et de poursuivre avec cette phrase choc : « Ce n’est pas seulement en tuant qu’on s’en sortira », ce qui semble facile vu la difficulté qui a été celle du premier président noir des États-Unis à trouver l’ennemi public numéro un américain. Il a finalement enchaîné sur les mauvaises relations avec l’étranger, en particulier avec l’Iran.

Malgré ces nombreuses oppositions, les deux candidats au poste le plus important dans le monde sont tombés d’accord sur un point : ils se sont érigés en défenseurs d’Israël et ont mis en garde l’Iran au sujet de son programme nucléaire. Comme quoi, même les deux rivaux peuvent tomber d’accord sur un problème si important en matière de politique étrangère. Dès lors, on peut se demander pourquoi les deux rivaux sont tellement protecteurs envers Israël et si paternalistes à propos de ce conflit… Une hypothèse soutient qu’aux États-Unis réside et travaille une communauté juive importante et que les deux candidats ne veulent pas se mettre à dos une population à l’influence si grande, ce qui risquerait de compromettre leur accès à la Maison Blanche. De plus, derrière cette relation se cache aussi un enjeu économique et militaire. En effet, premièrement, l’Israël achète énormément d’armes aux États-Unis. Deuxièmement, les États-Unis installent beaucoup de bases militaires dans le golfe pour pouvoir former une « enveloppe stratégique » autour de l’Iran. Les États-Unis ne peuvent donc pas se permettre d’être en désaccord avec ces pays. Cela tend à confirmer que tout est calculé dans « ce match de boxe où la ceinture du champion sera la clef qui ouvre la porte principale d’un des monuments les plus connus de Washington. »

Selon nous, c‘est-à-dire selon quelques jeunes suivant ce débat avec attention car il en va de l’avenir du monde, le président sortant a l’avantage, non seulement par sa mise en avant de son idéologie politique mais aussi pour une question d’image car le président sortant a su imposer sa classe, son charisme durant ces quatre dernières années et se montrer proche du peuple et de la jeunesse, notamment quand il a été dans un café de sport pour rencontrer la classe moyenne. De plus, il dégage une image plus « cool » que Mitt Romney nettement moins jeune et « branché ». Notre cœur balance donc plus pour un président différent des autres qui a su imprimer sa marque durant son mandat et surtout, trancher avec son prédécesseur très conservateur, George W. Bush. De plus, la gestion de la super-tempête Sandy par le président sortant le plaçant au devant de la scène médiatique ne sera peut-être pas pour rien dans le choix des électeurs américains le 6 novembre prochain… Tout n’est-il finalement pas question… d’image ? Nous pensons cependant que si le fond ni est pas, même avec la meilleure image au monde, la course à la maison blanche est d’ores et déjà perdue. En effet, sans ses réalisations lors de son précédent mandat et sans ses projets pour le second qui touchent certainement une grande partie de la population, Obama ne pourrait vaincre.

Cependant, bien malin est donc celui qui peut affirmer qu’il connait le dénouement de cette guerre électorale financée à coups de millions de dollars et qui peut dès aujourd’hui pronostiquer la victoire d’un des deux candidats.


Sources :


Éditorial écrit en novembre 2012 par Justin Delporte, Simon Antoine et Marius Moulin, élèves de 6ème du Collège Notre-Dame de Bon Secours de Binche.

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