Assassinat de presse : mort aux stéréotypes

6 Avr

A l’occasion de la sortie du rapport 2010 de la fédération internationale des journalistes, il est utile de se pencher sur ces hommes et ces femmes qui ont payé de leur vie ce devoir d’information qui est parfois pris à la légère. On ne dira jamais assez à quel point la liberté de la presse est fondamentale dans une société saine.

La vision très romancée du grand reporter de guerre occidental qui meurt sous les balles perdues d’une guerre lointaine est aujourd’hui très presente. La réalité est bien plus sordide. La majorité des journalistes morts dans l’exercice de leur profession le sont dans leur pays et par leur propre compatriote. Il y a eu 94 décès de journalistes en 2010 et parmi ceux-ci seul 8 étaient des correspondants étrangers.

Les circonstances de la mort de ces journalistes se divisent est trois grandes orientations. La première et la moins nombreuse sont des morts accidentelles, 4 journalistes en 2010. La deuxième est la mort sur des théâtres violents comme victime collatérale, recevoir une balle perdue lors d’une manifestation réprimée par exemple, 27 journalistes en 2010. La troisième et malheureusement la plus importante, l’assassinat de 63 journalistes en 2010. L’assassinat est particulier, car il est commandité par une personne pour éliminer un journaliste dérangeant.

Selon le FIJ les assassinats sont la plupart du temps perpétrés par deux commanditaires distincts. L’état ou les narcotraficants. Dans certains pays comme le Honduras qui est politiquement très instable ou les Philippines en crise grave avec des mouvements séparatistes violents, il n’est pas surprenant que la plupart des crimes soient commis par le pouvoir en place. 10 assassinats au Honduras et 5 assassinats aux Philippines. Par contre, il est étonnant que le Mexique, pays considérer comme stable, ait 9 journalistes assassinés et un mort sur le terrain. Ici ce n’est pas l’état qui est le commanditaire mais les narcotraficants. Le Pakistan détient le triste record du nombre de journalistes tués, 13 en 2010 et dans un mélange presque parfait de dommage collatéral et d’assassinat. Les 38 journalistes tués sont tous des citoyens de ces 4 pays, aucun n’est un étranger occidental.

Les journalistes assassinés ne sont pourtant que la partie émergée d’un iceberg contenant pêlemêle, intimidations, menaces, enlèvements, tortures, fermetures de journaux, licenciements, …, dans le but avoué de tenir la presse en laisse et donc de fermer les yeux de leurs concitoyens.


Sources :

Fédération internationale des journalistes www.ifj.org/assets/docs/041/225/5ce4929-c69bee1.pdf

Wikipédia pour les Philippines et Honduras

www.diplomatie.gouv.fr/…/honduras-assassinat-du-journaliste-nahum-palacios-arteaga-16.03.10_80873.html


Source image :©http://jnpaquet.wordpress.com/2007/09/30/birmanie-la-chasse-aux-journalistes-etrangers/


Article rédigé en avril 2011 par Brieuc Vernaeve dans le cadre du projet Jeunes-journalistes.net.

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