J’accuse !

5 Avr

Christian Ranucci au centre lors de son procès.

Gilles Perrault au travers de son livre : « Le pull-Over Rouge » émet une critique sur notre univers avec en ligne de mire justice, notion de vie ou de mort et médias.

En 1978, Gilles Perrault publie son livre : Un parfum de vérité, une chape de plomb, un sentiment latent de culpabilité, une dénonciation certaine d’un système judiciaire boiteux sont les ingrédients qui ont fait de cette histoire vraie un succès littéraire.

Il s’agit du Pull-Over Rouge : un cri de colère contre la peine de mort et la condamnation de 9 hommes par un autre sûrement plus observateur. En effet, Gilles Perrault dédicace avec cynisme son ouvrage « Aux neufs jurés d’Aix en Provence ».

Voici les faits : En 1974, Marie Dolorès Rambla est enlevée et retrouvée morte dans une champignonnière. Si nous partons comme Perrault, du point de vue que Christian Ranucci est présumé innocent, nous nous accorderons pour dire qu’il s’est simplement trouvé au mauvais moment au mauvais endroit. Sa voiture s’est en effet embourbée dans cette même champignonnière. Accusé du meurtre de Marie Dolorès, poussé aux aveux par des enquêteurs prétendant avoir preuves et témoins, il finira après de longues heures d’interrogatoire dénué de pause, par avouer son prétendu crime. Ses aveux seront la meilleure arme de l’accusation car il les réitèrera devant le juge d’instruction, les experts psychiatres, …

Toujours selon Perrault, cette enquête sera mené dans le but d’assouvir la soif de haine de l’opinion publique et de ne pas démentir et avouer se tromper devant les médias, qui avant la justice et sans son aide condamnera à mort Ranucci. On ne peut s’empêcher de penser que la police ne cessera d’essayer de faire coincider les éléments entre eux, et de faire coûte que coûte de Ranucci le coupable. C’est de là et des nombreuses improbabilités tels que l’homme au pull-over rouge présent sur tous les fronts, laissant même ses vêtements sur les lieux du crime mais jamais recherché bien qu’il soit avéré qu’il n’était pas Ranucci.

Gilles Perrault a rédigé « Le Pull-Over Rouge » selon 4 phases, en premier le crime, ensuite l’instruction laissant place au procès qui je n’ai plus besoin de le préciser aboutira à l’exécution.

Tout au long de ces 400 pages, il s’efforcera de décrypter chaque étape de l’affaire Ranucci, pas de manière objective juste selon son propre regard, avec comme but de nous le faire partager. Bien que ce livre soit long, il ne plonge pas le lecteur dans une profonde somnolence au contraire il le garde en éveil, perpétuellement sur les nerfs. S’il est certain que les journalistes ont fait le procès de Ranucci, il ne l’est pas moins que Perrault a lui fait celui de la justice et de l’influence dévastatrice des médias.

Il démontre la puissance des mots, la manière de les coucher sur le papier qui peut faire toute la différence et qui a le pouvoir de sauver ou d’ envoyer un homme au tombeau. C’est avec brio qu’il a rapporté tous les témoignages, qu’il a recherché indices, preuves et autres avec plus de minutie que la police. Je tiens donc à souligner ce travail de longue haleine qu’il a mené avec méthode peut être dans le but de réhabiliter Ranucci auprès de tous ceux qui trop tôt l’ont hais.

Toujours est-il que Christian Ranucci est mort, guillotiné dans la cour des Baumettes un matin d’été 1976 . Il se trouve que c’est l’avant dernier condamné à mort et exécuté en France. Son assassinat aura été nécessaire pour que la France comprenne et apprenne de ses erreurs et décide ENFIN d’abolir la peine de mort.

Mais ma question est la suivante : Combien d’innocents tués ? Combien de familles brisées ? Combien de rêves amputés ? Au nom de la justice ! Au nom du légendaire «Il faut qu’il paie » ! Faut-il avoir les mains rouges de sang pour satisfaire le monde quand il quémande la mort ? Suffit-il d’abolir la peine de mort, au nom du prix d’une vie humaine, pour se retrouver avec les mains propres ?

Si « Le Pull-Over Rouge » a permis d’apporter sa pierre à l’édifice, s’il a permis de sensibiliser et de nous conscientiser alors j’affirme que ce livre a été définitivement utile et qu’il faut le lire. J’invite donc toutes les personnes dotées d’un minimum de sens critique à se forger leur propre opinion, à ne pas boire les paroles de Perrault qui écrit de façon à manipuler nos sentiments sans avoir l’air d’y toucher. Même si c’est sûrement ce qui forme son talent : le fait qu’il ne soit pas neutre et qu’il fasse passer un message.


Sources :

Perrault Gilles,  « Le Pull-Over Rouge », 1978 Paris, chacune des pages a été consultée.

« Affaires Ranucci : Pourquoi réviser ? » paru sur le site internet http://www.associationranucci.org/ Belgique, consulté le 21 mars 2011.

« La peine de mort en France. La peine de mort après mai 1968 » paru sur le site internet http://www.wikipedia.org Belgique, consulté le 21 mars 2011 http://fr.wikipedia.org/wiki/Peine_de_mort_en_France


Illustration : « SylGazette : Giscard persiste et signe. » paru sur le site http://sylgazette.blogspot.com/2010/10/giscard-persiste-et-signe.html Belgique, consulté le 21 mars 2011


Article publié en mars 2011 par Manon Marchal et Hélène Zielonka dans le cadre du projet Jeunes-journalistes.net.

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Une Réponse to “J’accuse !”

  1. france 5 avril 2011 à 12:30 #

    super article!!

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