L’enfer quotidien des « restavecs »

2 Mar

À Haïti, en 2006, L’Unicef à recensé jusqu’à 300 000 enfants esclaves : les restavecs. Employés comme domestiques, ils sont quotidiennement victimes de violences physiques et d’abus sexuels. Comment cela est-il encore possible à notre époque ?

Dans les milieux défavorisés, surtout dans les campagnes, des recruteurs promettent aux familles un avenir meilleur pour leurs enfants. En les plaçant dans des familles d’accueil, ils les persuadent que leur progéniture bénéficiera d’une bonne scolarité et d’une bonne éducation.

Ce que cachent les promesses

Plus tard, lorsqu’ils sont arrivés dans ces familles, leur rêve devient vite un cauchemar. Majoritairement des filles, ces enfants sont utilisés comme domestiques. Ils se lèvent avant tout le monde et doivent s’occuper des tâches ménagères de la maison ainsi que de la cuisine et de la prise en charge des autres enfants du foyer. Le soir venu, ils doivent encore vendre de la marchandise au bord des routes pour le compte de la famille. En échange de ces services, leur gîte est garanti mais cependant dans de très mauvaises conditions. Maltraités, mal nourris, ils sont privés de leurs droits. Ils subissent quotidiennement des insultes, des coups et des abus sexuels.

Prisonniers ?

Ces enfants obéissent sans rien dire. Certains malgré tout prennent la fuite mais la fugue n’arrange pas leurs conditions de vie. Ils deviennent des gosses des rues, les kokorats, et doivent mendier, voler et faire des petits boulots pour pouvoir survivre. Ils tombent donc rapidement dans la délinquance.

Une lueur d’espoir

Pour aider les restavecs, des associations ont été crées. Des écoles dans lesquelles ils ont le droit s’exprimer ont été construites. Il existe aussi des centres médicaux qui les accueillent gratuitement et dans lesquels ils peuvent consulter un médecin ou encore un psychologue. Malheureusement, beaucoup n’ont toujours pas accès à ces centres et souffrent en silence.

Ce jour même, des enfants sont encore employés comme esclaves à Haïti. Ce jour même, beaucoup sont encore maltraités sans avoir le droit de s’exprimer… Le père Gaspard, ancien restavec et fondateur d’une association qui aide les enfants esclaves a dit : « Les mentalités vont et doivent changer, c’est intolérable ce que l’on fait subir à nos enfants. Les maintenir en esclavage, les maltraiter, c’est condamner notre société, car ils sont l’avenir. »


Sources :

CHERIGUI Nadjet, « les enfants esclaves d’Haïti », paru dans le « Geo Ado » n°76, France, juin 2009, p.50-55.

ABBIATECI Jean, « La souffrance invisible des restavecs », paru sur le site Internet http://www.amnesty.fr, France, consulté le 24 janvier 2010, http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/la_chronique/février_2009/la_souffrance_invisible_des_restavecs

CATTIER Thandiwe, « Haïti – Droits piétinés, jeunesse violée », paru sur le site Internet www.amnesty.be, consulté le 24 janvier 2010, http://www.libertes.be/


Article réalisé en février 2010 par Aurore Houtart dans le cadre du projet Jeunes-journalistes.net.

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