Certains moyens sont mis en place pour protéger les enfants contre diverses maltraitances ou négligences. Marc-Antoine Rion, directeur de l’aide à la jeunesse à Nivelles nous parle de son difficile travail et de ce qui est mis en place pour protéger ces enfants.
En quoi consiste exactement votre travail ?
Premièrement en tant qu’autorité administrative, je suis chargé de mettre en œuvre les mesures prévues par le Tribunal de la jeunesse concernant des enfants déclarés en danger et pour lesquels l’aide proposée par le conseiller de l’aide à la jeunesse n’a pas été acceptée ou n’a pas été réellement mise en œuvre par les principaux intéressés. Je suis donc chargé de mettre en place trois types de mesure et les modalités qui les accompagnent : soit un accompagnement éducatif dans le milieu familial, soit un hébergement temporaire en-dehors du milieu de vie de l’enfant ou encore la mise en place d’un logement autonome pour des jeunes de plus de 16 ans.
En quoi cela consiste ?
Je mandate des services privés spécialisés qui vont travailler avec les enfants et leur famille. Je détermine également les directives qui sont fixées à la famille et parfois au jeune pour faire cesser l’état de danger. Je dois également déterminer les modalités des contacts entre les enfants placés et leurs parents. Enfin, je décide des frais engagés par la Communauté française pour organiser concrètement cette aide.
Avez-vous d’autres missions ?
Oui, en tant que directeur, je dirige le service de protection judiciaire qui est chargé d’accompagner les enfants en danger et les mineurs ayant commis des faits qualifiés d’infractions pour lesquels les juges de la jeunesse prennent des décisions d’ordre éducatif.
Quels types de situation rencontrez-vous ?
Les enfants dont je m’occupe sont en situation de danger. Soit ils ont subi de la maltraitance physique, soit ils sont victimes de maltraitances psychologiques ou alors ils ont connu des situations de graves négligences. Parfois, ce sont les jeunes eux-mêmes qui se mettent en danger par leurs comportements à risque.
Qu’est-ce qui est mis en place en Belgique pour protéger les enfants ?
Deux textes légaux organisent la protection et l’aide à la jeunesse en Communauté française. La loi du 08.04.1965 relative à la protection de la jeunesse et le décret du 04.03.1991 relatif à l’aide à la jeunesse. Ces textes prévoient la compétence de différents acteurs en la matière. Il s’agit des conseillers de l’aide à la jeunesse, des directeurs de l’aide à la jeunesse et des juges de la jeunesse. Tout est mis en œuvre pour essayer d’aider les enfants prioritairement dans leur milieu de vie et avec l’accord de toutes les personnes concernées. Ce n’est que dans les situations les plus graves que l’on peut faire appel à la justice et qu’un enfant, pour des raisons exceptionnelles, peut être hébergé temporairement en-dehors de sa famille.
Qu’arrive-t-il alors ?
Les services d’aide à la jeunesse ou les services de protection judiciaire interviennent pour organiser, suivre, et évaluer l’aide mise en place. Ils peuvent aussi faire appel à des services privés agréés par la Communauté française pour une aide spécialisée adaptée à la situation de l’enfant. L’enfant peut aussi être confié à une famille d’accueil.
Quels sont les problèmes principaux que vous rencontrez dans votre travail ?
Actuellement, le problème principal est le manque de moyens et de services adaptés pour répondre adéquatement aux situations de tous ces enfants en danger. D’autant que la dégradation de la situation sociale générale amène des situations de danger de plus en plus difficiles et complexes.
Arrivez-vous à remplir correctement vos missions ?
On peut dire qu’un bon dispositif existe dans notre pays pour protéger nos enfants avec des acteurs et des services spécialisés pour répondre à leurs situations de difficulté ou de danger. Cependant ces situations deviennent de plus en plus complexes et parfois les moyens manquent pour les aider de manière adaptée.
Sources :
Rion Marc-Antoine, Directeur de l’aide à la jeunesse au Service de Protection judiciaire de Nivelles, interview réalisée le 08 mars 2010.
MULKAY Françoise, « Les missions et les acteurs de l’aide à la jeunesse », paru sur le site internet de l’Observatoire de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la Jeunesse (OEJAJ), http://www.oejaj.cfwb.be, consulté le 07 mars 2010.
DEVOS Bernard, « Le bus des droits de l’enfant : Si vous n’allez pas aux droits de l’enfant, les droits de l’enfant viennent à vous ! » paru sur le site du Délégué Général aux Droits de l’Enfant (DGDE), http://www.dgde.cfwb.be, consulté le 07 mars 2010.
Article réalisé en mars 2010 par Ambre Contempré dans le cadre du projet Jeunes-journalistes.net.




Merci,
La difficulté commence déjà avec l’ignorance dont les cordonniers sont parfois pas les mieux chaussées. Une des formes de maltraitance subtile et extrêment répandue est celle induite par la souffrance des enfants séparés dont même les lois existantes (mais non appliquées en France notamment) sont inductrices d’un phénomène qui perdure et détruit psychologiquement des milliers d’enfants ..
http://affairesfamiliales.wordpress.com/2011/12/03/les-consequences-de-la-separation-sur-lenfant/